Pitlanevision: Accueil Fils d'actualité Gazette Olivier Panis / Franck Lagorce : Amicalement Votre

Pitlane-vision

Abonnement au Flux Rss

Olivier Panis / Franck Lagorce : Amicalement Votre

Envoyer

Olivier Panis et Franck Lagorce (notre expert) se connaissent depuis des années et sont de vrais « potes » dans la vie. Nous les avons rencontrés tous les deux pour savoir ce que chacun pensait de l’autre. Accrochez vous, cela déménage et en même temps, ces deux personnages nous donnent une vraie leçon d’amitié…

.

Nom : Panis

Prénom : Olivier

Age : 42 ans

Résidence : Grenoble

Métier : Pilote

Nombre de Grand Prix F1 : 157

Nombre de victoires F1 : 1

Participations au Mans : 2

Meilleur résultat : 5ème en 2009 sur Oreca 01

Nom : Lagorce

Prénom : Franck

Age : 40 ans

Résidence : l’Hay Les Roses

Métier : Pilote et journaliste chez Eurosport

Nombre de Grand Prix F1 : 2

Nombre de victoires F1 : 0

Participations au Mans : 10

Meilleur résultat : 5ème en 1998 sur Nissan R390

..

.

Que pensez vous l’un de l’autre… ?

 

Olivier : Franck et moi, c’est une longue histoire d’amitiés. Déjà tout au début que l’on s’est connu, le courant est tout de suite passé, même à l’époque de la Formule 3 alors que l’on n’était pas dans la même équipe. On a toujours eu une vraie complicité en course, beaucoup de bagarres entre nous mais une super droiture. Je pense que c’est grâce à tout cela que l’on est devenu potes. Pour moi, cela a été une chance de l’avoir comme coéquipier chez Dams. Je disputais ma seconde année de Formule 3000, lui arrivait. Je jouais le titre, il a été top tout au long de l’année, il m’a aidé à avoir le titre et il y a surtout eu un esprit d’équipe d’abord et vu que l’on s’entendait bien tous les deux, cela a focalisé l’équipe, motivé tout le monde en disant : « On a deux mecs qui s’entendent bien donc on va se battre pour le championnat »… et c’est ce qui s’est passé. A partir de là, on a été amis dans le travail et après, pendant toutes ces années. Nos avons aussi été équipiers en F1, j’ai souvent été coéquipiers avec Franck, il a été avec moi chez Ligier F1 pour les deux derniers Grand Prix de la saison. Donc toujours des super moments. On est resté en contact, on s’est retrouvé au Trophée Andros. Nos carrières ont été différentes à un moment donné et puis aujourd’hui de le retrouver dans les stands, dans les motor-homes ou dans une voiture de course comme à Spa (rappelons que Franck Lagorce a piloté une Formula Le Mans à Spa, ndlr) et de le voir se régaler, c’est un vrai plaisir. C’est beaucoup de respect, beaucoup d’amitié. Quand tu as quelqu’un avec qui tu es ami, tu le respectes…et en plus si tu peux de temps en temps l’aider, c’est encore plus génial…enfin l’amitié pour moi, c’est cela !

 

Franck : C’est tout à fait cela, c’est une histoire de respect. On a cette chance de pouvoir comprendre les choses avec Olivier. Quand on a commencé, on s’est retrouvé tous les deux et la première chose que l’on s’est dit c’est « Eh bien, voilà, moi j’ai envie que tu réussisses et toi t’as envie que je réussisses ? » Il m’a dit « Oui ». A partir de là, on a partagé des choses et c’est cette intelligence là que les autres équipes n’arrivaient peut être pas à former, et en plus à ce moment là, on a eu un mec génial qui est Jean Paul Driot (patron de DAMS et actuel directeur de l’équipe de France A1 GP, ndlr). On a réussi à se dire « Je vais tout te donner et puis que le meilleur gagne ». On a tout partagé, on a travaillé à deux et c’est certainement parce que j’ai gagné deux courses que Olivier a gagné le titre. C’est aussi comme cela que l’on écrit les histoires sportives. Cela ne s’apprend pas : il est comme cela, je suis comme cela. Cela marche aussi dans l’autre sens. En 18 ans d’amitié, si il y avait eu un faux pas, cela aurait été « mort ». C’est ce qui est fort entre nous. Olivier a fait de la F1, il a gagné une course, il a fait 157 Grand Prix et bizarrement, je n’ai fait eu cette frustration de me dire : « Lui, il a gagné des courses, lui il est en F1 et pas moi ! » Non, au contraire, à chaque fois que il a été là, qu’il a gagné une course je me suis dis à chaque fois : « Qu’est ce que je suis content pour lui ! » J’étais le plus heureux et le premier sur la ligne d’arrivée à Monaco quand il a gagné, j’étais avec lui en stage de préparation physique quand il a eu mal (après son accident en F1 au Canada, ndlr) aprés Montréal, je suis allé le retrouver en Bretagne, c’est cela l’amitié. Vous savez le sport automobile est un monde difficile et quand vous avez des valeurs à ce niveau là pour vous stimuler entre vous, tout est bon à prendre.

 

 

Vous avez pris des chemins différents dans vos carrières. Que pensez vous de l’évolution de la carrière de l’autre ?

 

Franck sur la suite de la carrière d’Olivier en Endurance : C’est une évolution logique. Pour réussir en Formule 1 ou en sport automobile, il faut un facteur chance, il faut du talent. C’est une recette, quand on a tout cela…c’est bien. Mais on ne peut pas avoir un peu trop de cela ou un peu moins de cela. Olivier a eu cette chance d’avoir eu du talent, d’avoir été là au bon moment, d’avoir su passer cette vague encore avec les manufacturiers de tabac à cette époque là, les pétroliers, moi, je suis resté juste derrière, j’espère l’avoir poussé un bon moment pour l’aider à l’avoir passé cette vague. J’ai eu la chance de sortir de ce milieu là en tant que pilote comme quelqu’un de pas frustré, heureux de faire ce que je fais aujourd’hui, heureux d’être dans les médias, heureux de pouvoir aussi continuer à le suivre et heureux d’être bien accueilli. Ça, c’est un signe de reconnaissance, les gens te renvoient une image de quelqu’un de sérieux qui peut encore faire des choses et de continuer à se faire plaisir. C’est cela le but. Olivier, sa carrière, je la juge comme cela. Il s’est fait plaisir jusqu’au bout et quand il a eu envie de faire autre chose, il a su passer le cap. C’est très intelligent, il l’a fait au moment où il le fallait. Beaucoup de pilotes tirent, tirent, tirent et se prennent le bâton au mauvais moment. C’est une vraie preuve d’intelligence

 

Olivier sur la carrière de journaliste de Franck : Au début, on en a parlé. Il m’a dit « écoute, c’est quelque chose qui me plait, que j’ai envie de faire. » Moi, je le connais en tant que pilote, je savais quelle motivation et quelle détermination il avait, je savais que si il choisissait un métier, c’était par passion. Si il l’a choisi, c’est qu’il le fera à fond. On a eu la chance de faire un film sur Oreca de 26 minutes et ce jour là, je me suis dit : « ça, c’est pour lui ! » Il faut qu’il fasse cela car il le vit à fond, il passe super bien, tu sens que cela lui plait. D’un coté, j’adore Franck et avec tout le respect que j’ai pour les journalistes et pour la télé, je ne me sens pas capable de faire cela déjà parce que cela ne me parle pas. Lui est à fond là dedans, je pense qu’il va bien avancer dans ce monde car il est passionné par cela et que cela passe bien. Je trouve cela courageux. Comme il a dit, je connais plein de pilotes qui sont devenus aigris et c’est quelque chose de triste car tu restes aigri toute ta vie et tu n’avances pas. Lui, il s’est dit : « Moi, j’ai fait ce que j’avais à faire, je me suis éclaté, maintenant j’ai envie de faire autre chose mais je ferai toujours ma passion : le sport automobile ! » C’est un sportif et il a trouvé cette voie là. Je trouve cela super et je lui souhaite de réussir et de devenir un grand commentateur sportif au fil de sa carrière.

 

Et si vous aviez un conseil à lui donner…

 

Olivier à Franck : (rires) Je n’ai pas à lui donner de conseil, c’est un grand garçon, on a tous fait des « bêtises » et des choses bien ! Je pense que l’on peut tous se regarder dans une glace et gérer ses problèmes. Le seul truc que je peux lui dire c’est que si cela lui plait, c’est de se lancer à fond comme il est en train de le faire, de réussir et de s’éclater !

 

Franck à Olivier : Si j’ai un conseil à lui donner, c’est de ne rien changer du tout dans son approche ! Comme je l’ai dit, c’est un milieu compliqué et c’est très rare d’avoir des gens qui disent les choses. Olivier, c’est quelqu’un d’entier. Il dit les choses et c’est aussi pour cela qu’on le respecte. Donc ne pas changer, c’est le plus important. Il y a beaucoup de gens qui essaient de vous changer dans ce monde là et en général, personne ne peut gagner. On ne peut pas changer les gens

 

Et quand vous reprenez le volant et que vous vous retrouvez tous les deux adversaires en Trophée Andros par exemple…Vous êtes super potes dans la vie, cela se passe comment ?

 

Franck : L’Andros, c’est assez spécifique. On s’est doublé dans nos vies et dédoublé je ne sais pas combien de fois et on ne s’est jamais mis un coup de roue. Le problème de l’Andros, c’est que c’est très difficile de doubler, c’est très court et donc que ce soit lui ou moi, c’est vrai que l’on s’appuie un peu. Mais c’est l’Andros et c’est cela qui fait le charme de cette compétition. Notre amitié est bien plus forte qu’un coup de roue, c’est aussi simple que cela ! Je rigole c’est tout !

 

Olivier : Moi aussi je rigole car se toucher en Andros, tu ne peux pas faire autrement mais tu sais que ce n’est pas méchant, tu sais que ce n’est pas une agression. A Serre Chevalier, c’est moi qui essaie de le passer et c’est moi qui suis un peu chaud, je suis derrière pourtant, je le touche et je fais un tête à queue. Mais c’est comme cela. Ce n’est pas fait exprès. Il y en a d’autres, tu sais qu’ils le font exprès donc après tu règles tes comptes, c’est un peu la cours d’école ! C’est comme partout. Avec Franck, il n’y a aucun problème et je suis très content de refaire l’Andros cet hiver avec Franck, avec Alain Prost, avec tout le monde. C’est de la compétition, c’est un état d’esprit différent car on est entre potes, on se marre bien, il y a une super ambiance pendant tout l’hiver, c’est convivial mais c’est la course ce qui fait que tu passes des bons week-ends de rigolade mais de course aussi.

 

Un grand merci à Olivier Panis et Franck Lagorce pour leur gentillesse, leur bonne humeur et leur disponibilité. Merci aussi à Muriel Belgy pour avoir rendu cette rencontre possible.

 

Retrouvez Olivier Panis et Franck Lagorce sur leur site internet respectif

.

.

 

.

D.Bristol